mercredi 23 février 2011

Zazie dans le métro-


« Pourquoi, qu'il disait, pourquoi qu'on supporterait pas la vie du moment qu'il suffit d'un rien pour vous en priver ? Un rien l'amène, un rien l'anime, un rien la mine, un rien l'emmène. Sans ça, qui supporterait les coups du sort et les humiliations d'une belle carrière, les fraudes des épiciers, les tarifs des bouchers, l'eau des laitiers, l'énervement des parents, la fureur des professeurs, les gueulements des adjudants, la turpitude des nantis, les gémissements des anéantis, le silence des espaces infinis, l'odeur des choux-fleurs ou la passivité des chevaux de bois, si l'on ne savait que la mauvaise et proliférante conduite de quelques cellules infimes (geste) ou la trajectoire d'une balle tracée par un anonyme involontaire irresponsable ne viendrait inopinément faire évaporer tous ces soucis dans le bleu du ciel. Moi qui vous cause, j'ai bien souvent gambergé à ces problèmes tandis que, vêtu d'un tutu, je montre à des caves de votre espèce mes cuisses naturellement assez poilues il faut le dire mais professionnellement épilées. »
Texte : Extrait de Zazie dans le métro, roman (génial) de Raymond Queneau publié en 1959-
Photo : Extrait du (remarquable) film Zazie dans le métro, réalisé par Louis Malle en 1960 et adapté du roman éponyme-

mercredi 16 février 2011

Mon bateau ivre-



« Toute lune est atroce et tout soleil amer »
à une nuit de novembre,
Boire le vin de ton eau
Dans les cendres du berceau
La tête dans le bain,
De ton tombeau.
Les liquides au chaud
Et nos corps dans l’étau
S’emmêlaient les pinceaux
Pour la beauté du tableau.
Et dans nos veines, le vin
Et dans nos verres, le sang
Se diluaient dans nos seins
Nous pourrissaient lentement.
Dans ma chair se distillait
Le rouge sang de ton palais
Mais le bouchon empourpré
A sauté.
Se vide et le bain et le vin
Sans que les corps n’aient déchargé.

Un bateau ivre en baignoire
Pour un chaviré du soir.
 Novembre 2o1o-
Photo : Primat de la matière sur la pensée, Man Ray-

mercredi 9 février 2011

miAouw s'expose à l'Art Scène!


Pour tous les fidèles  et infidèles du chat, vous pouvez, dès à présent et pour une période indéterminée, jouer les piliers de comptoir à l’Art Scène et siroter quelques textes.  

 
 
En effet, le général Nico ouvre les portes de son zinc pour une « expoétique » où s’afficheront le lyrisme au Whiskas® du chat mais aussi la plume de jeunes auteurs piochés dans les dédales bordelais. Vous pourrez donc y lire des textes et autres délires alphabétiques de Valentin Gleyze, Mike Chanroux, Sébastien Queerwater, Nico. R et de Candy, notre miAouwiste préférée(oui, l’ « expoétique » a ouvert ses portes à miAouw grâce à elle alors on rétablit les privilèges !).
Pour mettre la cerise sur la pâtée, une soirée en collaboration avec la librairie Mollat pourrait voir le jour incessamment sous peu et vous serez tenus au courant, bien entendu.



On se retrouve donc à l’Art Scène pour mêler la littérature à une verre de vin ou de bière !

L’Art Scène :
36 rue du Pont de la Mousque
Bordeaux, France 33000 (près de grand Théâtre).