mercredi 14 décembre 2011

Où vas-tu ?


Où vas-tu ?
Mou tu vas
Tu m’auras
Rat me tue

Où vas-tu ?
Tu l’as vu ?
Vit m’a vu
Vit m’aura

Lire me tue
Tu me lis
Tue ma lyre
Tu me lies

Lis d’un coup
Lie mon cou
Coup de loup
Lie d’un coup
Lis mon cou
Cou de loup

Où vas-tu ?
Va tout mou
Mou du cou
Coup de mou

Envie de jeux
Jouer d’une nuit
Nuit je veux
Jouer en vie
Nuit d’envies
Vie me nuit

Jouer d’un vit
Bien long, bien lion
Dans mon con, dans mon fion
Dans ma nuit

mardi 22 novembre 2011

Poème d'amer, d'encre et d'amour-


Pourquoi s’faire chier à écrire en alexandrins
Alors qu’il existe l’octo
Et pourquoi pas l’hexa
Et le quadri
Dissy
Ecrire écrire écrire écrire écrire écrire
Ecrire écrire écrire écrire
Ecrire écrire écrire
Ecrire écrire
Ecrire
Virgule, point.

mardi 1 novembre 2011

Insomnie littéraire-



L’appartement est vide. Seulement s’égorgent des flux de fumées qui tentent désespérément une fuite vers les hauts-fonds. Au delà du plafond, dans les appartements voisins, au delà du sol, dans les rues, l’ivresse. Je ne suis pas dehors cette nuit, pas une fois de plus à sniffer  les pavés, à m’extasier de trottoirs infâmes. Mais la décadence est belle et bien dans mon pieu. Quelque chose de beau et sublime qui m’arrache les tripes, un goût violent, qui pique comme les épines des roses qui blessent un cadavre. Rien d’extravagant pourtant. Seulement ma sacrée gueule et quelques cigarettes, de la musique en tire bouchon et mon âme qui tire la gueule.  J’ai dévasté mon corps ces derniers jours, sans l’ombre d’une maladresse, sans un remord, sans filet ni sonnette d’alarme. C’est ça non, tenter la mort ? L’incroyable maladie qui nous pousse à toujours vérifier que l’on est en vie, en se coupant le souffle. Je vous l’ai dit, l’appartement est vide ce soir, tout comme moi, vidé d’amour, vidé des liquides. Comment vous dire que j’ai perdu mes muses ? l’une après lune. Putain, je pourrais me cracher dessus tellement je dois avoir la gueule d’un romantique pervers et sans couille. Mais j’adore le chaos, ce putain de sentiment qui fait que tout repart à zéro, dans les miasmes et dans la colère. L’appartement est vide ce soir, comme mon cœur, comme mes couilles, comme ma vie : dans le chaos, l’espoir. Il faut savoir tourner les pages de sa vie comme on referme un livre pour en ouvrir un autre. Terminer un texte et retrouver les vertiges de la page blanche. Et en plus de cela, il faudrait que je sois un bon écrivain? Sérieusement, allez vous faire mettre. Je n’ai plus la rage de mes dix-sept ans, cette écume qui montait le long de ma verge et qui bullait sur mes lèvres. Que l’on soit clair, vous et moi, je vous hais autant que j’aimerais vous baiser. La boucle est bouclée, comme on dit. Vous m’aurez eu, vous m’aurez possédé, vous m’aurez aimé et vous m’aurez quitté, comme un chien obsédé que l’on dégage de sa jambe. Finalement, est-ce bien vous le poison ? Telle est la question.

Photographie : Circularité des triangles, BoubouShoot-

dimanche 23 octobre 2011

Neuf Mois-


A Lula, fleur en venin.

Neuf
Mois mois mois
Mois mois mois
Mois mois mois
Ont fait neuf
Moi moi moi
Moi moi moi
Moi moi moi
Et toujours un seul toi.
Qui aurait pu croire, mon bébé
Que j’allais mettre autant de de
Temps à t’oublier
Qu’une mère en met
Pour enfanter.
Autrement dit,
Il y a eu une vie
Depuis puis
Que je ne suis plus en vit
Dans tes dix doigts
Doigts doigts doigts
Doigts doigts doigts
Doigts doigts doigts.

Mars 2o11- 
Photographie : Gary Isaacs-

mercredi 15 juin 2011

«Le crépuscule à bout de souffle»

365 crépuscules plus tard...

"Sur les éclats de nos humeurs noires, il fallait bien boire. Le vin de mon antre salé a la couleur purpurine de nos désirs solitaires. Quarante trois crépuscules enlacés, de nos états presque vampiriques… Il s’agit de nous satisfaire dans la faculté de nos existences. Contingence quand tu nous tiens, trouvons les effluves de nos saveurs assoiffées de la singularité impossible de notre amour… Mourons de nous ! Sur les Pink Floyds ! Attrape si tu peux mon con inexistant-ciel de tout. Oui chair…mais est-ce que je bande encore ? … oui. Dur comme l’envie de me posséder… Rituel Vaudou de nos excès. Trahison du volt. Gainsbourg aurait fêté nos élans spirituels de la … queue- Aime moi vrai- Le sang de nos particularités infâmes surgit de nos corps édulcorés. Amour, j’ai envie de te dire la soif de ma chair diaphane. N’oublie pas la fin... l’éjaculation. Ce n’est pas de ma faute. Aucun moyen d’effacer nos folies sensationnelles-je vais et je viens entre mes reins- Tu as trop joui ce soir. Le crépuscule à bout de souffle. Tu as beau dire, je ne suis pas trop folle ce soir. Revendication de l’ultime jet spermique. Je suis supérieure au commun des mortels -sourires-.
Le droit scatophile des troubles insatiables. Car dérangement nerveux chez les petites filles. Onanisme précoce de mon enfance.
Pas assez de doigts aux mains. Louvoyons en folie ordinaire. Menoch n’a pas ordonné la fin. On ne me croit pas, on me transpire ! Repose en paix."
15 avril 2o1o-

dimanche 12 juin 2011

St Michel en Musiques #2 !


Et c'est reparti pour un tour au sein de l'asso Les Fous du Roi, en espérant que le monde et la bonne humeur soient présents comme l'année dernière !
Je serai pour ma part, le photographe officiel du festival, ça me changera de boire de la bière !

Ramenez vos fessiers bande de rats!
 
Samedi 25 juin, 17h
St Michel de Rieufret (33)
Gratuit, œuf corse !

samedi 5 mars 2011

Poème défenestré-


« Il y a un homme coupé en deux par la fenêtre »

Ton corps est
Un poème défenestré
Criblé de vide
Un quintil crucifié
Comme les seins
Pieds et points liés
A l’extrémité
De tes bouts de doigts
De tes doigts de pied

Ton corps est
Un poème défenestré
Tombé dans l’abîme
En miettes de papier brûlé
Comme les seins
Immolés

Ton corps est
Un poème défenestré
Plongé dans l’acide
De mes papiers mâchés

Ton corps est
Un poème défenestré

Ton corps cadavre
Qui n’a pas pied
Dans l’au delà
De mes pansées

Ton corps défenestré

Mars 2o11-
Photo : Galorbe-
Modèle : Amande-

jeudi 3 mars 2011

Lo. Lii. Ta-

«[...]Ce maudit würlitzer, Lolita, me rend fou !
Avec qui danses-tu, ma caillette ?
Toi et lui en blue jeans et maillot plein de trous,
Et moi, seul dans mon coin, qui vous guette.[...]
»

Extrait du poème Lolita de Vladimir Nabokov.

mercredi 23 février 2011

Zazie dans le métro-


« Pourquoi, qu'il disait, pourquoi qu'on supporterait pas la vie du moment qu'il suffit d'un rien pour vous en priver ? Un rien l'amène, un rien l'anime, un rien la mine, un rien l'emmène. Sans ça, qui supporterait les coups du sort et les humiliations d'une belle carrière, les fraudes des épiciers, les tarifs des bouchers, l'eau des laitiers, l'énervement des parents, la fureur des professeurs, les gueulements des adjudants, la turpitude des nantis, les gémissements des anéantis, le silence des espaces infinis, l'odeur des choux-fleurs ou la passivité des chevaux de bois, si l'on ne savait que la mauvaise et proliférante conduite de quelques cellules infimes (geste) ou la trajectoire d'une balle tracée par un anonyme involontaire irresponsable ne viendrait inopinément faire évaporer tous ces soucis dans le bleu du ciel. Moi qui vous cause, j'ai bien souvent gambergé à ces problèmes tandis que, vêtu d'un tutu, je montre à des caves de votre espèce mes cuisses naturellement assez poilues il faut le dire mais professionnellement épilées. »
Texte : Extrait de Zazie dans le métro, roman (génial) de Raymond Queneau publié en 1959-
Photo : Extrait du (remarquable) film Zazie dans le métro, réalisé par Louis Malle en 1960 et adapté du roman éponyme-

mercredi 16 février 2011

Mon bateau ivre-



« Toute lune est atroce et tout soleil amer »
à une nuit de novembre,
Boire le vin de ton eau
Dans les cendres du berceau
La tête dans le bain,
De ton tombeau.
Les liquides au chaud
Et nos corps dans l’étau
S’emmêlaient les pinceaux
Pour la beauté du tableau.
Et dans nos veines, le vin
Et dans nos verres, le sang
Se diluaient dans nos seins
Nous pourrissaient lentement.
Dans ma chair se distillait
Le rouge sang de ton palais
Mais le bouchon empourpré
A sauté.
Se vide et le bain et le vin
Sans que les corps n’aient déchargé.

Un bateau ivre en baignoire
Pour un chaviré du soir.
 Novembre 2o1o-
Photo : Primat de la matière sur la pensée, Man Ray-

mercredi 9 février 2011

miAouw s'expose à l'Art Scène!


Pour tous les fidèles  et infidèles du chat, vous pouvez, dès à présent et pour une période indéterminée, jouer les piliers de comptoir à l’Art Scène et siroter quelques textes.  

 
 
En effet, le général Nico ouvre les portes de son zinc pour une « expoétique » où s’afficheront le lyrisme au Whiskas® du chat mais aussi la plume de jeunes auteurs piochés dans les dédales bordelais. Vous pourrez donc y lire des textes et autres délires alphabétiques de Valentin Gleyze, Mike Chanroux, Sébastien Queerwater, Nico. R et de Candy, notre miAouwiste préférée(oui, l’ « expoétique » a ouvert ses portes à miAouw grâce à elle alors on rétablit les privilèges !).
Pour mettre la cerise sur la pâtée, une soirée en collaboration avec la librairie Mollat pourrait voir le jour incessamment sous peu et vous serez tenus au courant, bien entendu.



On se retrouve donc à l’Art Scène pour mêler la littérature à une verre de vin ou de bière !

L’Art Scène :
36 rue du Pont de la Mousque
Bordeaux, France 33000 (près de grand Théâtre).

vendredi 28 janvier 2011

Lettre ouverte-


A l'implosion des chairs,


Tu m’auras fait couler beaucoup d’encre, des lampées noires et obscures, des rivières acides sorties du lit de mes veines. Dans mes inondations, j’ai noyé ton petit corps d’homme, serrant ton cou sous le liquide indélébile. J’ai souvent senti les veines de ta gorge se gonfler, s’énerver, se tendre à se fendre et j’ai souvent vu ce manque d’air, t’empourprer les yeux. Nous étions encore loin de tenter la mort, mais disons que l’on s’y rapprochait et c’était tout ce qu’il y a de plus beau. Néanmoins, l’idée de te rompre le cou et d’imprimer mes doigts dans ta chair diaphane ne m’est pas étrangère. Ce sont tes veines qui palpitent, je n’y peux rien, j’ai plusieurs fois caressé la limite. Elles parcourent ton corps, de ton menton à la cheville, en toile bleuté, en nervures prédécoupées, elles sont un appel au meurtre. Combien de fois t’ai-je empalé à leur vue, à leur chant de sirènes psychopathes ? Jet’aimaisattachée à ses lianes charnelles. Tu devenais le feu de ma pyromanie, tu t’incendiais d’un bleu glacé. Comment ne pas crever sous le poids de tels souvenirs ? En masturbations insensées, lubrifiées de larmes contres lesquelles, les essuie-glaces ne peuvent rien. S’il n’y avait que cela ? Mais non, tu es un poison qui se donne l’air évanescent, mais qui plante son couteau dans le dos, et recommence quand je me donne l’air convalescent. Et là, tu m’effraies, me terrorises et me hantes sans jamais me toucher. Un lémure décharné, mais sublime et ton image en saccades, dans le tourbillon du psyché, creuse le maelström de mon naufrage. Cette « image prodigieuse de l’agonie » que tu m’as laissée, m’apaise parfois, mais je crache bien trop souvent son arrière goût amer. Et la réminiscence acide de ton vagin elle, me gâte et me ronge la chair. Alors l’ivresse ma petite, l’ivresse ! Toi qui es partie pour en retrouver de cette ivresse, car oui ! Etre ivre, c’est vivre, à une lettre près. Mais les vins ont beau êtres de toutes les couleurs et de toutes les saveurs. Les drogues peuvent être de toutes les textures et de toutes les violences. A la fin, ne brûle que le tanin au fond du miasme qui me sert de tripes et les psychoses me saignent la sclérotique, à blanc. Et le plus impitoyable de ces paradis artificiels, le rêve, qui me trompe d’un humour corrosif et taquin. Tous ces matins où j’ai cru que tu étais toujours là, toujours aussi folle de moi, de nous. Au réveil, c’est un coup de poing qui écrase chacun de mes organes et les broie, quand je redeviens lucide. Mon corps, désabusé, vendu, empoisonné par les effluves du succube, du vrai, craque. Au matin, mon fluide mental coule et flétrit notre jardin sauvage. Mais ces enfers artificiels sont essentiels, vitaux et salvateurs. Tu me pourris, des aurores aux crépuscules, dans ma camisole physique et chimique. Et je pense alors à,
Toutes mes pages que tu n’as pas finies de lire,
Toutes tes pages que je ne peux plus commencer,
Toutes ses pages que tu as dévorées,
Et les cépages que tu as bus
A ses côtés.
Je n’ai que la fuite comme arme, je n’ai plus la taille, ni le poids. M’abandonner dans la pureté animale de cette minimal et m’enfuir des réalités trop épineuses. J’ai pourtant toujours eu le goût pour l’ivresse, toute ivresse et j’en regorgeais à tes côtés, car tu en avais le goût subtil et ardent. C’est brutal, de se rendre compte qu’on est fade, qu’on fane à petit feu et qu’on ait goût de rien. Mieux vaut être dégueulasse que fade. Être fade, c’est simplement ne plus exister, ou pas assez et c’est encore plus infâme. Mes pétales ont implosé, sans même émaner le parfum profond de la mort. Du corps-nu au cornu, du corps-beau au corbeau, nous n’avions jamais mieux porté nos noms, triste ironie. Ton amour charognard m’a dévoré tout à fait. Comment ai-je pu éteindre cet incendie violent qui nous happait ? Ces valses endiablées me semblaient immuables, sempiternelles. Où traînes-tu les petits seins suspendus à ta gorge, ma chair ? Tes yeux reflètent-ils encore les tornades de tes cauchemars, le matin ?  Tes larmes sont-elles toujours aussi salées si je les buvais, à présent ? Ces larmes là, qui distillent des maux alambiqués. Où es-tu ? Tu m’es perdue, dans mes bras éperdus. L’amour est un deuil incarné, retourné dans la chair jusqu’à la rendre avariée. C’est un deuil habité, tous les jours animé et ranimé par le foyer du cœur incarnat qui nous consume. Les poumons violés par la fumée des cigarettes, les feuilles mortes s’envolent, tourbillonnent et s’effondrent cramoisies sur les violons d’automnes. Ce cyclone là, il est dans mes veines et il ne s’arrête pas. Je souhaite ne plus t’écrire, ne plus écrire en toi, ni pour toi, ni sur toi. J’ai tout à réinventer et si  je le dis, c’est que demain, j’aurais changé d’avis. Tout cela n’était qu’un dernier souffle, les ravages sont à l’intérieur. Ma voix a hurlé en filigrane pendants ces cinq périlleuses années, où tu m’auras fait couler beaucoup d’encre. J’écris comme je cris et ton ancre m’a coulé, en silence.
Octobre/Novembre/Décembre/Janvier 2o1o/2o11-
Photo : Nécrose, BoubouShoot

mardi 18 janvier 2011

Sonnet, qui je suis ?



A mes ivresses,

Les douze coups de minuit ont sonné à midi-
Ouvrant alors mes yeux sur l’enfer et les cieux
Dans les vapeurs de l’alcool, mais dans quel lieu?-
Me sonnent et m’assomment, me ramènent à la vie.
                       
Sonné, qui je suis ? Quand s’évaporait la nuit
Dans les aspérités de l’aurore tel un feu,
Qui embrasse et embrase l’âme de Dieu,
Le quittant alors du firmament qu’est son lit.

La buée aux vitrines, et dans mes yeux la suie,
Qui font que ni vous, ni moi,  savons qui je suis.
Se joue en un acte, un théâtre délirant

Dans ce tramway moisi qui sniffe ses rails.
Je me fais clochard, moi qui voulait être l’amant
De ces femmes nourrissant l’ardeur des batailles.

Janvier 2o11-
Photo : Misha Buhovec, un biélorusse.